SAISON 2017-2018
Le 22 avril 2018
Entretien avec Alexandre Ménard

Après sa récente prolongation de contrat avec le Rouen Métropole Basket, Alexandre Ménard à répondu à quelques questions sur sa première saison en Normandie. Un entretien dans lequel le coach se livre encore un peu plus avec toute la sincérité qui le caractérise. 

     Comment se passe cette première saison à Rouen ?
 
Alexandre Ménard : « Plutôt bien, l’acclimatation s’est très bien faite. J’ai été très bien accueilli par le staff, que ça soit administratif, sportif ou bien technique (médecins, kinésithérapeute, intendant…etc.). Premièrement, pour savoir me repérer dans Rouen déjà ! M’emmener à droite à gauche, c’est super important. Étant donné que ma famille me manquait, le fait de rentrer chaque week end (au Mans ndlr), c’était très important pour moi et puis c’était vraiment l’occasion de mettre en application toutes les idées que j’avais en termes de basket une fois revenu sur Rouen. Et puis on m’a laissé faire ce que je voulais faire. C’était donc plutôt une saison d’acclimatation et de découverte de la fonction sur une saison complète, parce que je n’avais fait que 4 mois et demi au Mans. Ça se passe plutôt bien mais personnellement j’ai encore très très faim, et j’ai encore envie de voir jusqu’où le groupe peut aller.»


     On sent des joueurs et un staff qui s’apprécient beaucoup, est ce que c’est quelque chose qui est important pour toi ? Quelque chose sur lequel tu mets l’accent avec l’équipe ?
 
A.M. « Je ne peux pas entrainer des gens que je n’aime pas. Ça c’est sûr. J’ai beaucoup de mal et ça se voit très vite. En revanche, quand je travaille avec des gens que j’aime bien, je suis prêt à donner 150% et c’est ce qui s’est passé cette année. (…) Moi je pense que quelqu’un qui se sent apprécié, bien dans sa peau et mis en valeur va donner 150% par rapport à un joueur qui sera plus fort à la base, mais donnera moins parce qu’il se sentira moins motivé ou moins apprécié. Alors l’ambiance du staff fait que ça se passe comme ça mais je suis également aidé par un coach de la performance depuis 3 ans qui s’appelle Didier Romain qui est devenu maintenant un ami et qui m’aide dans le fait de pouvoir prendre du recul et me donne des méthodes pour appréhender cette vie de groupe. On se rend compte qu’un groupe qui s’apprécie est beaucoup plus fort qu’un groupe qui ne s’apprécie pas, c’est scientifiquement prouvé !
Après on peut jouer ensemble et ne pas s’apprécier et même gagner comme ça. Mais je suis convaincu qu’on peut gagner plus si au moins on se respecte. Et cette année on est tombé sur un bon groupe, que ce soit joueurs ou staff et c’est plus facile de travailler dans ces conditions-là.»
 
     Quelle partie de ton métier de coach apprécies-tu le plus ?
 
A.M. : « J’adore entrainer ! J’adore le parquet. Je fais très attention, dans ma préparation des entrainements, à qui je mets avec qui, dans quel ordre je met les exercices ou encore combien de temps ça va durer. Des fois je le fais mal, je me trompe, je ne suis pas parfait mais surtout j’aime bien revenir après la séance et faire un bilan. L’entrainement pour moi c’est un moment très important. Ce n’est pas un art mais pas loin : la pédagogie, la didactique …etc.
Et ce que j’aime beaucoup aussi c’est scouter les équipes adverses et voir comment je vais pouvoir les mettre en difficulté et contrecarrer les plans. Et dès que je peux je vais voir des matchs ailleurs, ou voir d’autres collègues qui travaillent, ou à l’entrainement. Ça, ça m’intéresse énormément.»


     A propos de ta prolongation de contrat, pourquoi 2 ans en plus ?
 
A.M. « D’abord c’est parce que c’est le minimum après un contrat d’un an donc c’est la première des raisons. Et ensuite parce qu’on ne m’a pas proposé plus donc j’ai pris ce qu’on m’a proposé. »
 

 "Pour y arriver, il faut aimer les gens"


     Quels projets as tu sur cette période de deux ans ? Quels objectifs tu aimerais atteindre d’ici à juin 2020 ?
 
A.M. : « Ça ce n’est pas facile à dire. Déjà cette année n’est pas finie, on a encore des choses à faire, je sens encore un potentiel et je veux vraiment tirer toute la quintessence de ce groupe. Mais pour répondre à ta question, pendant tout le temps où je serais là, j’ai envie de premièrement faire grandir le projet du club et de grandir avec lui. Deuxièmement, je veux faire en sorte que chaque composante du club donne son maximum. C’est-à-dire que je ne veux pas être quelqu’un qui bride les gens. Je veux être quelqu’un qui encourage, qui motive, qui fédère les gens et qui donne envie à chacun de donner son maximum mais pas pour moi, pour le projet commun. Alors c’est un beau discours certes ! Mais je pense sans cesse à faire en sorte que chacun donne encore plus que ça soit un joueur, un staff, un médecin, un intendant, un kiné. Mais encore une fois pour y arriver, il faut aimer les gens. Il faut d’abord se connaitre soi et ensuite connaitre les gens pour savoir ce qu’ils ont envie de faire parce qu’il y a deux choses : On fait bien que ce qu’on a envie de faire et l’humain a besoin de se sentir utile et aimé »
 
     Tu es très apprécié par le public rouennais, est ce que ça a joué dans ta décision de rester ?
 
A.M. : « Je suis très flatté du fait que les gens m’apprécient. Je suis flatté de voir qu’il y a des gens qui viennent à l’entrainement, ça me fait plaisir. Même si je ne réponds pas à tous, je suis flatté des messages que l’on m’envoie. Mais j’ai envie de dire que ce n’est pas uniquement moi. C’est-à-dire que ça s’adresse à moi mais il faudrait les envoyer à tout le monde : mes adjoints, l’intendant, le kiné… parce que premièrement seul je ne pourrais rien faire.  Deuxièmement, c’est plaisant de se sentir aimé mais j’ai envie que ça dure ! Mais oui c’est très appréciable, ça donne encore plus de motivation et d’envie.
Et c’est vrai que si je m’étais fait conspuer toute la saison, je n’aurais pas eu envie de prolonger.»
 
     On parle beaucoup de toi lorsqu’on évoque l’équipe, ce qui est normal étant donné tu es le coach principal mais est-ce que tu peux nous parler de ton staff que l’on connait moins ?
 
A.M. : « Alors je vais commencer par Matthieu Latard : Je l’ai déjà dit mais il y a peu de décisions que je prends sans lui en parler, parce que je trouve que son œil est averti. Il connait très bien le milieu et surtout il pense comme un coach tout en restant à sa place, ce qui est très appréciable. Matthieu a aussi ce rôle de scouting, il connait très bien la division et il a de grosses qualités en termes de formation du joueur. C’est quelqu’un qui pourrait prendre ma place pour entrainer le groupe sans aucun problème. Et il fait un excellent travail sur la préparation physique des joueurs, il a de grandes compétences là-dedans.
Clément (Veyronnet) lui il a cette culture du basket qui lui vient de sa famille mais aussi de sa passion et du fait qu’il ait souvent été aux États-Unis. Il s‘occupe plus particulièrement du montage vidéo sur les joueurs et le fait très bien. Moi je suis particulièrement content de la rapidité avec laquelle il a su faire ce qu’on voulait qu’il fasse et c’est super appréciable. Et il a aussi une qualité d’adaptabilité qui est très importante. Par exemple : Lorsqu’il manque un joueur, il y a toujours une solution pour remplacer le remplacer par un autre et ça c’est très précieux pour moi. Parce qu‘on est vite dans le stress lorsqu’on a pas assez de joueurs pour entrainer et que la semaine avance et qu’il faut que l’on travaille sur certains systèmes. Et puis il continue d’apprendre le métier à notre contact.
Ensuite il y a Guillaume (Sinoquet) : Une pièce essentielle, une denrée très très rare. Quelqu’un qui participe vraiment à la performance de l’équipe de par son état d’esprit, de par sa disponibilité, aussi de par son aspect couteau suisse et qui ne compte pas ses heures. Il m’a promené pas mal dans Rouen. Il est là à tous les déplacements. Il nous rend la vie tellement facile que l’on a plus qu’à se concentrer sur le basket, ça c’est essentiel.
Il reste Alexandre (Demazières) que j’adore, comme je les adore tous, parce qu’il est disponible et il veut toujours faire du mieux possible. Il est à la recherche de l’excellence et c’est ce que je veux pour chacun d’entre nous. Même au Mans je n’avais pas un kiné comme ça ! Je le dis très facilement. Avec la cryothérapie, avec la pressothérapie, avec les ventouses, avec le TheraGun…etc. Ce qu’il fait c’est exceptionnel ! Et je pense sincèrement que si on n’a pas eu beaucoup de blessés que ça cette saison c’est grace à lui et au programme de préparation physique de Matthieu qu l’on a suivi.»

 (A gauche, notre assistant coach, Matthieu Latard  et à droite, notre intendant, Guillaume Sinoquet)
 

     Qu’est-ce que tu fais lorsque que tu n’entraines pas et que tu ne prépares pas les matchs professionnellement parlant ?

A.M. : « Je regarde énormément de matchs. Il y a évidemment la partie presse et la partie agent. Je parle beaucoup avec mon coach mental qui m’aide beaucoup à appréhender les situations. Je regarde beaucoup de matchs pour le côté formation continue. Cela permet d’avoir de nouvelles idées et parfois de les mettre en place, parfois non mais c’est très stimulant.»
 
     Et lorsque tu as du temps libre ? (Hobbies)

A.M. : « Je fais du sport, quand je peux. Je passe du temps avec mes proches. J’essaye d’aider ma femme et j’aime beaucoup jouer, je suis joueur. Donc j’aime jouer avec mes enfants, aux cartes ou à des jeux de société. J’aime bien regarder des séries aussi.»


Crédit Photo : Anne Dee Lamour